Lundi 23 juin 2008
J'ai un exercice idiot à vous proposer, une méthode pour faire face aux situations de stress, de trac ou génantes vis à vis d'une personne en particulier ou d'un groupe. Tout le monde connait ce vieux conseil prodigué pour vaincre le trac "imagines que ton (ou tes) interlocuteur soit nu", personnellement je ne l'ai jamais réellement testé, la méthode qui suit yressemble un peu, en bien plus méprisante, tordue et surtout totalement teintée d'un arrière fond nihiliste assez méchant.

C'est assez simple en fait au lieu de s'arreter à un simple déshabillage vestimentaire on retire également toutes les autres "couches", la peau, les muscles, les os pour ne garder que le système nerveux. Il faut en arriver au stade où l'on ne  perçoit la personne en face que comme un simple cerveau, un assemblage nerveux, une méchanique  biologique qui ne fait que répondre à des stimuli extérieurs, qui ne fait que réagir à nos mots et nos gestes qu'il perçoit et qui traversent son labyrinthe chimico-électrique neuronal. Le but étant de nier toute capacité de prise de décision, tout jugement et de reléguer son auditoire à l'état de machine uniquement réactive, on pense "je dit ça, tu t'énerves mais tu n'en réalises même pas la cause", "tu n'es pas capable de dire autre chose, ton système ne le permet pas", "tout ce que tu dis ou penses a été induit par une cause exterieure et n'est le fruit que d'échanges chimiques, de courants électriques et de neurotransmetteurs", "tu ne penses même  pas, tu ne fais que dérouler ce que permet ton programme", "en fait tu ne sais même pas que j'existe, tu parles seul sans même le réaliser". On doit en arriver à penser que l'impression de conscience qui semble se dégager de l'autre n'est qu'un effet trompeur, un peu comme si on présentait une fausse souris méchanique avec des réactions scriptée et inspirées de la réalité à chat. Le chat pense qu'il a en face de lui un animal puisqu'il semble réagir comme le font les autres animaux, la fausse souris fuit, se cache, couine mais rien n'est vivant en fait tout est fait pour qu'elle réagisse d'une certaine façon selon les conditions exterieures. Il en va de même pour l'image que l'on doit se forger de celui ou celle qui nous fait face, ce n'est plus une personne, c'est un objet qui ne pense pas ce qu'il dit, qui ne réalise pas ce qu'il dit, qui n'est pas touché par ce qu'il entend  et que tout ce qui en émane n'est que réaction à ce que nous induisons. Ses émotions ne sont que signaux, que réaction qui ne traduisent aucun ressenti conscient, ce n'est qu'une réponse comparable à celle d'une télé dont on change de chaîne en pressant la touche d'une télécommande. Bref on nie la possibilité et la présence de  conscience dans le corps qui nous fait face.

Amusant non? En fait c'est plutot bête et méchant comme on dit communément, et ça devient beaucoup moins drôle quand on l'applique à soit même ou qu'on s'imagne que quelqu'un ait pu utiliser pareil stratagème contre nous. Quoi de mieux pour rassurer un ami qui s'était emporté contre nous et qui vient s'en excuser que de lui répondre: "mais ne t'en fais pas je ne t'en veux pas, pendant que tu étais en colère j'ai fait comme si tu n'etais qu'un tas viande qui remue quand je le secoue". Bien entendu tout ceci n'est que jeu d'esprit et fiction, et que ça ne saurait être généralisé sans remettre en cause toute forme d'existence (y compris la notre) mais si ça n'etait pas le cas ce ne serait pas du nihilisme, l'état psychologique qui a la particularité de finir par se nier lui même après avoir nié le tout le reste.

Ceci-dit n'a t-il pas des gens (parfois très instruits et diplômés) pour croire qu'on a inventé et qu'on continue de développer des médicaments sensés guérir la dépression ou la folie, "avales cette pillule et tu ne seras plus malheureux, avales celle-ci tu ne seras plus fou", ce raisonnement est-il si éloigné de l'exercice que j'ai proposé?
par Thra publié dans : Psychologie
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Lundi 23 juin 2008
Mais ça viendra peut etre, je me fais un peu chier je trouverai bien n'importe quoi à raconter un de ces jours. J'y arrivais bien avant...
par Thra publié dans : Nombrilisme
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Samedi 29 mars 2008
 - Paf un peu de falsification de l'histoire que ne renieraient pas certains nostalgiques de l'Union Sovietique. J'etais pas inspiré ce jour là, ceci dit je ne renie pas, ça manquait juste un peu de piquant et il aurait fallut aller un peu plus au fond de la chose -
par Thra publié dans : Nombrilisme
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Mardi 18 mars 2008
Suite à quelques commentaires où l'on avait fait mention de Nietzsche et de sa récupération par des idéologies totalitaires, eugénistes ou racistes je vous propose d'aller jeter une oreille sur ce document audio très éclairant publié sur le blog  Paris4-Philo. Si une approche vivante de la philo vous intéresse je ne saurai trop vous conseiller de farfouiller sur ce blog bien fourni en documents audio et vidéo.
vous bug_fck
par Thra publié dans : Réflexion
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Mardi 18 mars 2008

Il faut tout moderniser, tout doit être modernisé, on entend que ça ces temps-ci. Tout le monde parle de modernisation mais chacun a son idée sur la question et taxe ses détracteurs de rétrogrades.

Mais qu'est-ce au fond la modernité? Le sens premier de la modernité était de changer les règles de la vie sociale à la lumière de la raison pour la sortir du carcan de la tradition et de la culture en les passant crible de la critique. Depuis bien longtemps en fait chaque génération s'est réclamée de la modernité. La modernité serait donc rabaissée à un synonyme de présent, de l'ancré dans l'actuel par opposition au passé (forcément rétrograde). Bien que la brandissant à tout bout de champ on l'a finalement reléguée au rang de la simple mise à jour et du simple progrès technique.

Où est passée la volonté de changement des règles sociales? On a assimilé la modernisation des institutions à l'adaptation de celles-ci aux contraintes de l'actualité, en fait une vulgaire soumission aux conditions "extérieures" dues à la nouvelle "réalité de notre monde moderne". En quoi notre monde est-il moderne? Il est surtout celui de la science et du libéralisme triomphant (avant l'épuisement total des ressources?), la réalité du monde n'est pas extérieure aux activités humaines mais elle en dépend. La modernisation ne doit donc pas être une adaptation mais un choix vers l'amélioration du fonctionnement de nos sociétés. Elle ne doit pas comme on l'entend trop souvent dans la bouche de nos politiciens plier les institutions aux réalités du marché --réalité taillée sur mesure par et pour une minorité-- mais au contraire déterminer le cadre des activités humaines.

 

En assimilant la modernité au progrès technique et scientifique tout gardant un vague souvenir de sa vocation de transformation de la société celle-ci n'est devenue qu'un vulgaire argument politicien destiné à faire passer toute mesure comme un progrès et par là même, présenter toute voix discordante comme passéiste, poussièreuse et obscurantiste.

par Thra publié dans : Société
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