Dimanche 24 février 2008
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J'ai réuni sur cette page quelques extraits tirés de la bible
(l'ancien testament) particulièrement explicites. On y voit dépeint un Dieu rageur qui pousse son peuple à accomplir les pires atrocités , les exortant entre-autres au génocide, pillage, viol (de
vierges naturellement, autant ne pas s'embêter) etc. En fait la conquête de la terre promise s'est faite sur les base d'un nettoyage ethnique systématique dans la population de chaque région
conquise. Dieu indique les peuples à erradiquer et les hébreux s'exécutent, et ils ont plutôt interêt à s'y mettre parce qu'il leur est promis le sort de leurs victimes si ils ne se montrent pas
assez enthousiastes à la tâche (heureusement ils se montrent d'assez bonne volonté et montrent une certaine application). Cette volonté exterminatrice s'applique également aux brebis égarées de
son propre peuple bien entendu, tout déviant devra etre éliminé fusse-t'il un frère, une mère, un ami aucune pitié et si c'est une ville entière celle-ci doit disparaître de la surface de
la terre, habitants (pas de tri: hommes, femmes enfants et vieillards) et animaux doivent être erradiqués. On notera la poésie de l'expression "dévouer par interdit" qui signifie tout
simplement "tuer sans pitié" dans ce contexte.
Certaines citations peuvent paraître redondantes mais j'ai voulu montrer que ces passages ne sont pas anecdotiques et que la bible en est truffée dans certains de ses livres, surtout dans le
Deutéronome et le livre de Josué, mais sachez que je suis loin d'avoir tout cité. A ce titre le Deutéronome est un concentré de ce qu'il y a de pire dans une religion, outre l'énumération des
peuples exterminés "jusqu'au dernier" on y trouve de longues listes de représailles envers le peuple de Moïse en cas de non observance de la volonté de Dieu, ces listes font preuve d'une
exaustivité et d'une inventivité tout à fait remarquable et j'imagine le plaisir (pervers? non tout de même pas on parle d'un texte sacré tout même) de/des l'auteur(s) de ces lignes. Parmi ces
menaces on y trouve une évocation troublante de vérité de la diaspora et d'un retour à la terre promise. Ce passage fera peut être l'objet d'un pochain article.
Maintenant les questions que je me pose sont:
- Pourquoi les chrétiens n'ont-ils pas renié l'ancien testament? Le Christ tel qu'il est décrit dans les évangiles est à l'opposé de ces tendances
haïssables et de ces invitations à ce qu'il faut bien appeler des crimes contre l'humanité.
- Comment peut-ont encore prêter serment sur ce texte dans de nombreux pays, notamment la "plus grande démocratie du monde"?
- Par quel grand écart ou tour de passe-passe réthorique/théologique/herméneutique les juifs pratiquants parviennent-ils à justifier que de tels
passages soient sacrés et aient leur place dans leur texte de référence. Quelle est la valeur de cette terre promise qui aurait-été acquise au prix de génocides répétés et du nettoyage ethnique
de la région?
- Comment faites-vous Chrétiens et Juifs progressistes pour vous reconnaître dans ces écrits? Peut être justement, vous ne vous y reconnaissez pas
mais dans ce cas comment revendiquez vous votre foi et votre appartenance à ces religions qui les reconnaissent comme sacrés et dont la véracité n'est pas sujet à remise en question?
-> Vers la page Bible et génocide
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Par Thra
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Publié dans : Religion
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Le soucis que me pose ce texte c'est que justement ce n'est pas une parabole, il n'y a pas de leçon à la fin si ce n'est "obéissez à votre Dieu tout puissant", ce sont les interprétation à postériori qui ont décidé qu'il fallait le considérer comme tel. Même si on a tenté par la suite de les relativiser ils sont là, et originellement ils n'etaient pas à prendre comme une image. Et même si ce n'etait qu'une parabole quel bel exemple de pédagogie! Je suis persuadé qu'on peut faire passer des idées sans en passer par là.
"Les Chrétiens ne peuvent certes pas renié l'ancien testament... sans lequel il ni aurrait pas de Christ !" Ce qui pose un gros problème et explique les contorsions pour à la fois s'appuyer sur l'ancien testament et en relativiser les passages trop en contradiction avec le discours humaniste du Christ. Mais en relativisant certains passages et en s'appuyant sur d'autre le caractère sacré en prend un coup dans l'aile. Si l'on peut "faire son marché" dans la Bible et prendre les passages qui nous intéressent alors cela pose la question de savoir qui est en mesure d'effectuer ces choix et la question du caratère sacré ne pourra que souffrir de cettre prise de distance.
Mon modeste avis est que ne pouvant servir de base à une idéologie sérieuse et non barbare étant donné son contenu, la Bible se doit d'être interprétée d'où le recours indispensable à l'herméneutique et l'exégèse. Ca n'a rien de révolutionnaire mais si il y a interprétation la notion de subjectivité entre en jeu. Je pense qu'il n'y a pas de sens véritable unique et acceptable d'un point de vu humain qui puisse se dégager de ce texte, parce que le fond du texte n'est, ni le reflet d'une pensée cohérente, ni le reflet d'une pensée humaniste.
La question tourne donc autour de la limite entre l'interprétation et le sacré, à partir de quand l'un empiète sur l'autre. Cela pose aussi la question de la légitimité d'une interprétation par rapport à une autre. La loi religieuse est elle même soumise à caution puisque certains interdits sont issus d'une lecture littérale, par exemple les interdit alimentaires (la cacheroute, nourriture Kasher) et d'autres d'une lecture plus interprétative. Les rites sont d'ailleurs souvent tirés de lectures littérales et la philosophie plutôt des interprétations et pourtant les deux cohabitent dans un même ensemble.
Toute religion qui a accepté le caractère sacré de la Bible se doit donc de trouver des interprétations pour en dégager une philosophie de vie et en rendre acceptable le contenu. La difficulté étant de trouver des points fondamentaux pour maintenir l'édifice et garder son caractère sacré tout en restant compatible avec les interprétations relativisantes du texte de référence.
Je n'ai pas érigé notre démocratie actuelle et notre république en dogme, elle est loin d'être irréprochable et comporte de nombreux défauts et lacunes (erreurs aussi?). Mais j'estime que, même limité, c'est un pas et quand il m'arrive d'en défendre certaines valeurs c'est lorsque des dérives de l'ordre du retour en arrière pointent leur nez. Ce n'est pas pour autant que je l'ai sacralisée. Sacraliser la république c'est admettre qu'elle est parfaite et par conséquent plonge dans l'immobilisme, ce qui ne veut pas dire non plus que tout changement est valable. Et je ne désespère pas qu'on parvienne un jour à un meilleur système, c'est là le défi qui nous est imposé à nous hommes. Ce que je peux lui reconnaître c'est d'être pour l'instant un de ceux qui entrave le moins cette charge. Les concepts démocratiques ne doivent pas devenir les fondements d'une "religion athée".
La différence dans ce cas précis (enfin "une des" pour etre plus complet) pour moi entre la religion et la démocratie est que la démocratie n'a pas et ne doit pas avoir de prétention transcendantale. Les deux ne sont pas du même registre et donc ne peuvent être critiqués par les mêmes arguments.
Ce qui semblait transparaître dans tes réponses c'etait une explication culturelle de ce qu'on peut lire dans la Bible. Ce qui se situait dans ma compréhension hors du contexte divin du texte, ont ne peut parler de culture que pour les communautés humaines. Je veux bien souscrire à cette explication que tu donnes: "selon la pensée chrétienne, la Bible est une compilation de récits inspirés (ce qui s'oppose à dictés), écrits par des hommes". Mais nous n'en tirons pas les même conclusions, j'y vois toujours une contradiction avec la portée du texte.
("le nouveau testament est le récit par des témoins directs" avec quelques bonnes décénies d'écart tout de même)
Adaptation par pression du milieu, oui ça prête à confusion, adaptation ça a un côté volontaire. Or j'entendais une adaptation passive, en fait un façonnement par le milieu. Ca aussi ça peut être interprété comme on veut, il suffit de donner le sens que l'on veut à façonnement et à milieu (Dieu au hasard, ou encore dessein intelligent). En disant "survie du mieux adapté" tu te rends compte qu'on peut très bien en étant un peu interessé ou tordu le détourner en "survie du meilleur". Au quel cas on peut très aisément transformer l'évolution en concept nazi. Or pour toi et moi l'évolution n'est pas une théorie qui encourage l'eugénisme. De même que selection naturelle est une appellation qui ne veut rien dire en elle même, la nature ne sélectionne pas, ne trie pas ce n'est pas une personne ou une volonté. C'est une image pratique qui permet d'appréhender plus rapidement le concept, mais comme toute vulgarisation c'est au mieux réducteur et au pire inexact. C'est en personnifiant la nature qu'on a pu transposer ce processus sans intentionalité de l'ordre du volontaire dans une idéologie dans laquelle on s'identifie de manière erronée à la nature. Cette identification reposant forcément sur des bases fausses du fait que la nature est un symbole, un raccourci de l'esprit et non une chose qui se tient devant nous. La démonstration marche aussi si l'on est croyant, il suffit de postuler que la nature est l'oeuvre de Dieu, donc s'adonner à l'eugénisme c'est s'indentifier à Dieu, ce à quoi l'homme ne peut prétendre.
Comme je l'ai dit plus haut ce que j'en retiens pour ce qui est de ma conception de la vie et de l'homme en particulier, c'est que nous avons tous les mêmes origines quelles que soient nos différences apparentes, différences toutes relatives comparées à ce qui nous unis. (j'en devine un qui pouffe de rire au fond de la salle tant la naïveté de mon propos doit lui paraître pathétique)
Mon étonnement quant à Darwin provient probablement d'une certaine naïveté qui attribue trop de qualités aux hommes qui ont été à la pointe de leur domaine. D'autant que sa théorie de l'évolution présuppose quand même un socle commun à toute vie (gloria halleluja si tu veux). Il a probablement fait l'erreur commune d'attibuer une hiérarchie à son arbre de l'évolution.
"Autrement dit que l'eugénisme n'est pas justifié, ni le racisme, qu'à condition de fonder sa compréhension de l'humain dans plus que la simple biologie, ou le matériel, oui."
Plusieurs choses à dire, premièrement le terme de racisme est inconsistant car du fait des mélanges ethniques et de la définition problématique des races lorsqu'on essaie d'appliquer ce concept à l'homme il est très difficile de dégager un concept de race précis et applicable en tous domaines (même en se tenant à la stricte biologie). Deuxièment effectivement l'eugénisme ne peut être justifié sans avoir établi de vérité absolue de ce qu'est l'amélioration du genre humain, ce qui a pour préalable la définition de l'humain et de l'amélioration. Et je souhaite bonne chance à celui qui viendra me présenter ces définitions qui d'une part seraient de valeur universelle et qui d'autre part contiendrait une justification de la pratique de l'eugénisme en regard de ces définitions. L'eugénisme moderne (par opposition à l'eugénisme antique comme celui des spartiates qui ne connaissaient pas encore la théorie de Darwin) n'est qu'une interprétation idéologique de la théorie de l'évolution.