Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 04:28
J'ai réuni sur cette page quelques extraits tirés de la bible (l'ancien testament) particulièrement explicites. On y voit dépeint un Dieu rageur qui pousse son peuple à accomplir les pires atrocités , les exortant entre-autres au génocide, pillage, viol (de vierges naturellement, autant ne pas s'embêter) etc. En fait la conquête de la terre promise s'est faite sur les base d'un nettoyage ethnique systématique dans la population de chaque région conquise. Dieu indique les peuples à erradiquer et les hébreux s'exécutent, et ils ont plutôt interêt à s'y mettre parce qu'il leur est promis le sort de leurs victimes si ils ne se montrent pas assez enthousiastes à la tâche (heureusement ils se montrent d'assez bonne volonté et montrent une certaine application). Cette volonté exterminatrice s'applique également aux brebis égarées de son propre peuple  bien entendu, tout déviant devra etre éliminé fusse-t'il un frère, une mère, un ami aucune pitié et si c'est une ville entière celle-ci doit disparaître de la surface de la terre, habitants (pas de tri: hommes, femmes enfants et vieillards) et animaux  doivent être erradiqués.  On notera la poésie de l'expression "dévouer par interdit" qui signifie tout simplement "tuer sans pitié" dans ce contexte.

Certaines citations peuvent paraître redondantes mais j'ai voulu montrer que ces passages ne sont pas anecdotiques et que la bible en est truffée dans certains de ses livres, surtout dans le Deutéronome et le livre de Josué, mais sachez que je suis loin d'avoir tout cité. A ce titre le Deutéronome est un concentré de ce qu'il y a de pire dans une religion, outre l'énumération des peuples exterminés "jusqu'au dernier" on y trouve de longues listes de représailles envers le peuple de Moïse en cas de non observance de la volonté de Dieu, ces listes font preuve d'une exaustivité et d'une inventivité tout à fait remarquable et j'imagine le plaisir (pervers? non tout de même pas on parle d'un texte sacré tout même) de/des l'auteur(s) de ces lignes. Parmi ces menaces on y trouve une évocation troublante de vérité de la diaspora et d'un retour à la terre promise. Ce passage fera peut être l'objet d'un pochain article.

Maintenant les questions que je me pose sont:

- Pourquoi les chrétiens n'ont-ils pas renié l'ancien testament? Le Christ tel qu'il est décrit dans les évangiles est à l'opposé de ces tendances haïssables et de ces invitations à ce qu'il faut bien appeler des crimes contre l'humanité.

- Comment peut-ont encore prêter serment sur ce texte dans de nombreux pays, notamment la "plus grande démocratie du monde"?

- Par quel grand écart ou tour de passe-passe réthorique/théologique/herméneutique les juifs pratiquants parviennent-ils à justifier que de tels passages soient sacrés et aient leur place dans leur texte de référence. Quelle est la valeur de cette terre promise qui aurait-été acquise au prix de génocides répétés et du nettoyage ethnique de la région?

- Comment faites-vous Chrétiens et Juifs progressistes pour vous reconnaître dans ces écrits? Peut être justement, vous ne vous y reconnaissez pas mais dans ce cas comment revendiquez vous votre foi et votre appartenance à ces religions qui les reconnaissent comme sacrés et dont la véracité n'est pas sujet à remise en question?

-> Vers la page Bible et génocide
titjgjndsojsdvsti_bug_fck
Par Thra - Publié dans : Religion
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Bonjour Thra Il y aurrai beaucoup à dire sur ton article , et sur les premiers temps de la religion juive . Les historiens actuels , s'appuyant sur l'archéologie , sont plutôt d'accord sùr la non-invasion de Canaan... qui de plus était , à cette époque , une province Egyptienne du règne de Ramsès II ... autant dire qu'une guerre mené par une petite troupe de nomade...dans des bleds perdus...sùr des villes fortifiées qui n'existaient pas (Jéricho n'a jamais eu de rempart)...contre l'armée de Ramsès..... bref ! tout ça n'est qu'une vaste propagande plusieurs siècles après pour justifié une unitée des tribus nomade juives qu'un certain empereur Josué voulait gouverner à lui tout seul... Cela ne justifie pas , je te l'accordes , que des religieux fassent référence à ces textes et puissent en même temps nous parler d'amour... sic !! Mais il fallait bien montrer le baton pour regrouper les brebis éguarrées . Le gros probleme reste la compréhension trop littéral que l'on peut avoir de textes qui sont autant de paraboles... Quand à tes questions : -Les Chrétiens ne peuvent certes pas renié l'ancien testament... sans lequel il ni aurrait pas de Christ ! Puisque c'est l'ancien qui annonce sa venue et légétimise ses actes . -Le serment n'est pas vraiment sur les textes , mais sur un livre qui symbolise la relation au divin , donc la sacralisation de l'acte . De plus , dans certain cas , la bible est ouverte à un passage précis , avant le serment , pour précision de ce à quoi on se rattache dans le livre... - Je crois avoir répondu aux deux autres questions dans mon intro.... A tchao Loup blanc
Commentaire n°1 posté par loup blanc le 24/02/2008 à 14h05
Je n'ai pas voulu dire que ce qui est relaté dans ces extraits s'est réellement dérroulé, mais comme on dit c'est l'intention qui compte (même si pour de tels actes il vaut tout de même mieux que cela reste uniquement au stade de l'intention...). Peu importe que ces faits aient eu lieu ou non, pour moi cela remet totalement en cause le bien fondé des idéologies qui reconnaissent ces textes.

Le soucis que me pose ce texte c'est que justement ce n'est pas une parabole, il n'y a pas de leçon à la fin si ce n'est "obéissez à votre Dieu tout puissant", ce sont les interprétation à postériori qui ont décidé qu'il fallait le considérer comme tel. Même si on a tenté par la suite de les relativiser ils sont là, et originellement ils n'etaient pas à prendre comme une image. Et même si ce n'etait qu'une parabole quel bel exemple de pédagogie! Je suis persuadé qu'on peut faire passer des idées sans en passer par là.

"Les Chrétiens ne peuvent certes pas renié l'ancien testament... sans lequel il ni aurrait pas de Christ !" Ce qui pose un gros problème et explique les contorsions pour à la fois s'appuyer sur l'ancien testament et en relativiser les passages trop en contradiction avec le discours humaniste du Christ. Mais en relativisant certains passages et en s'appuyant sur d'autre le caractère sacré en prend un coup dans l'aile. Si l'on peut "faire son marché" dans la Bible et prendre les passages qui nous intéressent alors cela pose la question de savoir qui est en mesure d'effectuer ces choix et la question du caratère sacré ne pourra que souffrir de cettre prise de distance.

Mon modeste avis est que ne pouvant servir de base à une idéologie sérieuse et non barbare étant donné son contenu, la Bible se doit d'être interprétée d'où le recours indispensable à l'herméneutique et l'exégèse. Ca n'a rien de révolutionnaire mais si il y a interprétation la notion de subjectivité entre en jeu. Je pense qu'il n'y a pas de sens véritable unique et acceptable d'un point de vu humain qui puisse se dégager de ce texte, parce que le fond du texte n'est, ni le reflet d'une pensée cohérente, ni le reflet d'une pensée humaniste.

La question tourne donc autour de la limite entre l'interprétation et le sacré, à partir de quand l'un empiète sur l'autre. Cela pose aussi la question de la légitimité d'une interprétation par rapport à une autre. La loi religieuse est elle même soumise à caution  puisque certains interdits sont issus d'une lecture littérale, par exemple les interdit alimentaires (la cacheroute, nourriture Kasher) et d'autres d'une lecture plus interprétative. Les rites sont d'ailleurs souvent tirés de lectures littérales et la philosophie plutôt des interprétations et pourtant les deux cohabitent dans un même ensemble.

Toute religion qui a accepté le caractère sacré de la Bible se doit donc de trouver des interprétations pour en dégager une philosophie de vie et en rendre acceptable le contenu. La difficulté étant de trouver des points fondamentaux pour maintenir l'édifice et garder son caractère sacré tout en restant compatible avec les interprétations relativisantes du texte de référence.
Réponse de Thra le 24/02/2008 à 16h52
je suis completement d'accord avec tout ce que tu as rajouté.... A bientôt....
Commentaire n°2 posté par loup blanc le 24/02/2008 à 21h02
Les précisions de ton commentaire sont en accord avec mes propres idées.
Commentaire n°3 posté par Trazom le 24/02/2008 à 21h44
...puisque ce qui te choque est l'utilisation de ce recueil de textes dans des "démocraties-comme-la-nôtre", je suppose que tu as également créé une page regroupant des textes fondateurs des divers acteurs et déclencheurs de la révolution française fondant la république, de St Just, Fabre d'Eglantine, Danton, Hébert,... des textes appelant au meurtre, au massacre, à l'extermination des ennemis du peuple, des opposants, des déviants, voire de toute la population d'une région "déviante", femmes, hommes, enfants, vieux et jeunes, pour en conclure que la république et la démocratie sont fatalement des concepts de bouchers fanatiques, ou qu'en tout cas il faudrait une sérieuse contorsion mentale pour arriver à les présenter sous un jour favorable. Ou alors tu as une explication et une justification dans ce cas, et je sens que, et ce sera amusant, en justifiant l'un ça va expliquer l'autre. cool, tu vois, tu auras formulé ta réponse tout seul ! formidable. Ceci étant dit, je me dois de rappeler que pour un chrétien (sans doute aussi pour un juif, mais ça il faudrait en trouver un qui passe par ici pour expliquer mieux que je ne saurais le faire), le souci n'en ets pas forcément un au sens où vous le présentez. Effectivement, vous parlez de "texte sacré", comme si, dans la pensée juive ou chrétienne, il s'agissait d'un bloc tout droit sorti de la bouche divine. Vous confondez. La faute à qui, je ne sais pas, mais la Bible pour les chrétiens n'est pas le Coran pour les musulmans. Peut-être êtes vous de culture islamique, ceci expliquant cela, et dans ce cas il faut que je précise : selon la foi musulmane, le Coran est la Parole d'Allah, révélée à Mahomet par l'entremise de l'archange Gabriel ; c'est même là le fondement de la foi musulmane. selon la pensée chrétienne, la Bible est une compilation de récits inspirés (ce qui s'oppose à dictés), écrits par des hommes, et racontant l'origine de l'univers, la faute originelle, puis l'histoire des relations de Dieu et des Humains à travers son peuple élu. et selon cette même pensée chrétienne, (qui là pour le coup s'éloigne de la juive), le nouveau testament est le récit par des témoins directs, de la vie et des paroles de Jésus. Qui est le fondement de leur foi (pas le texte ; la personne, Jésus). Donc, ces mêmes chrétiens reconnaissent Jésus, la personne, comme la clé pour comprendre et lire l'ancien testament (et non l'inverse, quoique ça aide aussi... ...c'est dans les 2 sens quoique pas équivalent, un peu comme un contrôle-rétro-contrôle hormonal...) Ce qui, dans le passé, dans l'"avant", est en opposition avec l'enseignement et la personne de Jésus, quoique pourtant le fait du peuple élu, est compris comme "ce qui existait avant, à cause de l'endurcissement des coeurs", comme la polygamie, la répudiation, ou ce genre de choses - en gros, un moindre mal qui maintenant ne peux plus du tout être accepté, la personne de Jésus modifiant radicalement les relations entre Dieu et les humains. Voilà, en résumé. Sinon, à noter tout de même : - le message de Jésus n'est pas du tout "humaniste", puisque l'humanisme arrive bien après. C'est plutôt l'humanisme qui reprend des principes chrétiens. (cf Erasme, Thomas More.) Au passage, c'est amusant, puisque du coup vous remttez en cause la religion au nom de principes que vous voulez reconnaitre pour universels (puisque vous voulez juger selon ces principes un peuple et une culture et une époque totalement autre, ce qui nie le relativisme du bien et du mal), et qui provienne de cette même religion. (au terme d'une longue évolution cela dit, on s'en rend compte en lisant la bible en effet, qui parle aussi de manière plus ou moins explicite de tendances encore persistantes à certaines époques des sacrifices humains.)
Commentaire n°4 posté par ti'hamo le 28/02/2008 à 19h05
Je ne sais pas si la création d'une telle page verra le jour mais je suis parfaitement au courant des fondations incertaines de la démocratie Française. Des visions et actes parfois radicaux et en contradiction avec les exigeances affichées. Outre des comportements dignes des plus grandes dictatures pendant la période révolutionnaire on peut trouver chez nos philosophes des lumières tels que Voltaire, Rousseau ou Montesquieu des passages d'un racisme assez difficilement supportables de nos jours. Mais aussi chez d'autres "grands" comme Kant, Konrad Lorentz, Darwin (un comble quand même de faire preuve de racisme pour le père de la théorie de l'évolution)...

Je n'ai pas érigé notre démocratie actuelle et notre république en dogme, elle est loin d'être irréprochable et comporte de nombreux défauts et lacunes (erreurs aussi?). Mais j'estime que, même limité, c'est un pas et quand il m'arrive d'en défendre certaines valeurs c'est lorsque des dérives de l'ordre du retour en arrière pointent leur nez. Ce n'est pas pour autant que je l'ai sacralisée. Sacraliser la république c'est admettre qu'elle est parfaite et par conséquent plonge dans l'immobilisme, ce qui ne veut pas dire non plus que tout changement est valable. Et je ne désespère pas qu'on parvienne un jour à un meilleur système, c'est là le défi qui nous est imposé à nous hommes. Ce que je peux lui reconnaître c'est d'être pour l'instant un de ceux qui entrave le moins cette charge. Les concepts démocratiques ne doivent pas devenir les fondements d'une "religion athée".

La différence dans ce cas précis (enfin "une des" pour etre plus complet) pour moi entre la religion et la démocratie est que la démocratie n'a pas et ne doit pas avoir de prétention transcendantale. Les deux ne sont pas du même registre et donc ne peuvent être critiqués par les mêmes arguments.
Ce qui semblait transparaître dans tes réponses c'etait une explication culturelle de ce qu'on peut lire dans la Bible. Ce qui se situait dans ma compréhension hors du contexte divin du texte, ont ne peut parler de culture que pour les communautés humaines. Je veux bien souscrire à cette explication que tu donnes: "selon la pensée chrétienne, la Bible est une compilation de récits inspirés (ce qui s'oppose à dictés), écrits par des hommes". Mais nous n'en tirons pas les même conclusions, j'y vois toujours une contradiction avec la portée du texte.

("le nouveau testament est le récit par des témoins directs" avec quelques bonnes décénies d'écart tout de même)
Réponse de Thra le 28/02/2008 à 21h55
(7 décennies pour le vraiment plus tardif. à moins que tu ne crois rien de ce qui se dise sur les années 30 actuellement, bien sûr. :-) Pour ce qui est de la prétention transcendantale de la démocratie, du moins la nôtre (puisqu'il en existe tout plein), c'est déjà trop tard pour dire qu'il faut l'éviter : c'est le cas. "ça a été voté", "c'est dans la loi", "c'est les droits de l'homme", sont déjà utilisés comme des principes coupant court à toute discussion (un peu comme on répondrait "c'est comme ça parceque dieu l'a voulu ainsi"). (vérifiez que vous ne le faites, pas, d'ailleurs, on ne sait jamais.) La lecture "axiale", en une dimension, de l'Histoire, est également un point qui me gêne particulièrement. Je n'ai pas le temps de détailler là, mais je doute qu'on arrive à grand-chose que du simplisme et du dogmatisme à partir d'une lecture qui voit "l'avant" comme de toute façon "moins bien" ou "moins avancé" que le "actuellement", qui se fonde sur le principe (non démontré voire aberrant) de progrès continu et systématique.... ...un peu comme le darwinisme, justement, qui d'ailleurs contrairement à ce que vous avez l'air de supposer, fonde les bases d'un racisme "moderne" et "scientifique" - pour peu que l'on veuille réduire l'humain à une vision matérialiste. En effet, appliqué tel quel, les principes du darwinisme forcent à conclure qu'à un moment donné, des éléments d'une espèce sont plus proches de l'espèce future, alors que d'autres en seront restés, faute des bonnes mutations, plus proches de l'étape d'avant. Vous voyez le genre de conclusions que certains n'ont pas tardé à tirer.
Commentaire n°5 posté par ti'hamo le 29/02/2008 à 19h33
Juste un petit mot au passage : ti'hamo, je ne vous jette pas la pierre, mais vous n'avez pas bien compris le darwinisme, ou alors vous le caricaturez...
Commentaire n°6 posté par Trazom le 29/02/2008 à 19h55
Je dis ce qui en a été sorti. Vous pouvez toujours expliquer. Après, on pourra juger de qui l'a mal assimilé. Sachant qu'a priori, ça me semble plus honnête de le préciser, mes études sont plutôt axées, c'est peu de le dire, dans la biologie. Au sens large.
Commentaire n°7 posté par ti'hamo le 29/02/2008 à 20h03
Le Darwinisme dit surtout que les êtres vivants ont tous la même origine, après je laisse aux esprits mals tournés les interprétations de supériorités d'une espèce sur l'autre. L'évolution n'est pas forcément amélioration (critère purement subjectif) elle est surtout adaptation au milieu, j'en veux pour exemple certaines espèces qui sont passées du milieu aquatique au milieu terrestre pour ensuite revenir au milieu aquatique, c'est une retour en arrière? Non simple adaptation à certains impératifs du milieu.
Réponse de Thra le 29/02/2008 à 22h30
Erf, justement Thra, tu le prends à l'envers. Le darwinisme ce n'est en aucun cas l'adaptation à un milieu, mais la survie du mieux adapté. C'est totalement et fondamentalement différent. Laisser entendre qu'il y aurait adaptation, c'est ce que veulent les néo-créationistes : sous-entendre qu'il y a une volonté divine derrière tout cela, et que l'évolution menant vers l'humain était en quelque sorte programmée. Désolé pour le message, bref, mais je vais me coucher :-) (J'ai moi aussi fait des études de biologie, ti'amo, mais je n'exprime pas le besoin de le faire savoir pour donner plus de poids à mes paroles. Vous avez du lire et parfaitement intégrer la "Dialectique éristique" de Schopenhauer, vous usez de beaucoup des stratagèmes décrit dans cet essai, ce n'est pas à votre honneur.)
Commentaire n°8 posté par Trazom le 29/02/2008 à 23h55
Quelque soit l'angle abordé tu trouveras toujours quelqu'un pour trouver une interprétation pernicieuse.

Adaptation par pression du milieu, oui ça prête à confusion, adaptation ça a un côté volontaire. Or j'entendais une adaptation passive, en fait un façonnement par le milieu. Ca aussi ça peut être interprété comme on veut, il suffit de donner le sens que l'on veut à façonnement et à milieu (Dieu au hasard, ou encore dessein intelligent). En disant "survie du mieux adapté" tu te rends compte qu'on peut très bien en étant un peu interessé ou tordu le détourner en "survie du meilleur". Au quel cas on peut très aisément transformer l'évolution en concept nazi. Or pour toi et moi l'évolution n'est pas une théorie qui encourage l'eugénisme. De même que selection naturelle est une appellation qui ne veut rien dire en elle même, la nature ne sélectionne pas, ne trie pas ce n'est pas une personne ou une volonté. C'est une image pratique qui permet d'appréhender plus rapidement le concept, mais comme toute vulgarisation c'est au mieux réducteur et au pire inexact. C'est en personnifiant la nature qu'on a pu transposer ce processus sans intentionalité de l'ordre du volontaire dans une idéologie dans laquelle on s'identifie de manière erronée à la nature. Cette identification reposant forcément sur des bases fausses du fait que la nature est un symbole, un raccourci de l'esprit et non une chose qui se tient devant nous. La démonstration marche aussi si l'on est croyant, il suffit de postuler que la nature est l'oeuvre de Dieu, donc s'adonner à l'eugénisme c'est s'indentifier à Dieu, ce à quoi l'homme ne peut prétendre.

Comme je l'ai dit plus haut ce que j'en retiens pour ce qui est de ma conception de la vie et de l'homme en particulier, c'est que nous avons tous les mêmes origines quelles que soient nos différences apparentes, différences toutes relatives comparées à ce qui nous unis. (j'en devine un qui pouffe de rire au fond de la salle tant la naïveté de mon propos doit lui paraître pathétique)
Réponse de Thra le 01/03/2008 à 01h47
Détourner "survie du mieux adapté" en "survie du meilleur" est assez vrai... Dans un environnement donné. Mais cela ne mène pas à l'eugénisme, à mon sens, ou il faut avoir l'esprit particulièrement tordu et vicieux. Ce processus est "naturel" et prend des millions d'années. Si les dinosaures réapparaissaient, d'un coup de baguette magique créationniste, nul doute qu'ils ne feraient pas long feu, ils ne sont pas adaptés du tout au monde actuel. Pourtant, un dinosaure seul à toutes ces chances face à un humain seul. Il est certainement le meilleur (le dinosaure). Ce n'est pas pour cela que son espèce survivrait au monde actuel. Autre exemple, dans l'autre sens : les rats. Je pense que l'Homme est "meilleur" que le rat. L'homme seul, face à un rat seul, a toutes ses chances de survie. Selon certain, en cas d'hiver nucléaire, le rat serait un des seul mammifère à survivre... Ce n'est pas très clair (je viens de me lever, ça se met en route) mais là où je veux en venir, c'est que nous parlons d'évolution. Les mieux adaptés d'aujourd'hui ne sont pas ceux de demain. Cela ne justifie en rien l'eugénisme.
Commentaire n°9 posté par Trazom le 01/03/2008 à 08h42
bon bon bon, juste pour clarifier : - j'ai précisé que mes études touchaient à la biologie, juste par honnêteté (genre je pose une question innocemment sur un sujet qu'a priori je maîtrise un peu mieux que d'autres matières, je laisse les gens essayer de répondre t puis "mais non hahaha vous avez rien compris". Donc j'annonce la couleur direct, c'est tout.) (a-làlà, triste société où l'honnêteté est d'abord prise pour du calcul égoïste... :-) - je ajoutais juste une petite remarque, à propos de l'étonnement face au "racisme" de Darwin (dont moi-même je n'étais pas au courant, je ne connaissais que les thèses racistes s'appuyant sur ses théories, mais après lui). Je ne dis donc pas que le darwinisme, quoiqu'on en pense, soit en soi raciste, mais qu'il n'y a aucune opposition entre darwinisme et racisme, et même que des thèses racistes se sont fondés sur le darwinisme, en restant très logiques. En effet, si on voit l'évolution telle que décrite par Darwin : - il s'agit de la survie du plus adapté, donc on peut assez facilement justifier de l'annexion ou de l'éradication ou de la domination sur son voisin, en disant que c'est comme ça, c'est la sélection naturelle, il est moins apte et puis tant pis pour lui. - telle qu'elle est décrite à l'origine, on y trouve quand-même il me semble une idée d'amélioration progressive. C'est à la mode à cette époque, le culte du pogrès, tout ça, c'est une idée qu'on retrouve à la base aussi bien du nazisme que du communisme. (ancien = mort, vieux, dépassé, obstacle à l'"évolution", nouveau = avantage adaptatif, évolution, futur forcément mieux) - en tous les cas, formulé de cette manière, il serait assez facile de voir les personnes en apparence "inaptes", comme des inaptes, justement, et des boulets qu'il faut empêcher de disséminer leurs mauvais gènes pour préserver la survie de l'espèce (là aussi, on retrouve le côté "considérer l"humanité", le "groupe", l'"espèce", plutôt que chaque individu). ce qui a été fait. - Enfin et là j'insiste, le darwinisme ne conclue pas avant tout à ce que tous les individus soient tous les membres d'une même famille gloria halleluja. Clairement, la conclusion est bien que dans une même espèce les individus sont par nature inégaux, puisque certains seraient porteurs par mutation de caractères leur donnant un avantage évolutif, tandis que d'autres seraient condamnés de par leur naissance à un désavantage adaptatif. D'où on conclue effectivement que pour dépasser ce genre de conclusion, on est d'accord, il faut être, en fait, déjà conscient, avant, de cette égalité de chaque être humain. soit qu'on soit chrétien, soit qu'on soit humaniste, soit qu'on soit je ne sais quoi. Autrement dit que l'eugénisme n'est pas justifié, ni le racisme, qu'à condition de fonder sa compréhension de l'humain dans plus que la simple biologie, ou le matériel, oui. ceci étant, ça nous a complètement écartés de la discussion de départ. (au passage : il est plus exact d'opposer, à "évolutionnistes", "fixistes" plutôt que "créationnistes", puisqu'un créationniste peut être évolutionniste...)
Commentaire n°10 posté par ti'hamo le 03/03/2008 à 16h02
Je ne vois pas réelle alusion au progrés dans la théorie de l'évolution, d'ailleurs on parle bien d'évolution donc dans le sens de la transformation et non d'amélioration de la nature. La nature ne s'améliore pas, on peut simplement observer des complexifications et des diversifications (ou extinctions). Le milieu évolue et les espèces vivantes doivent s'y adapter, donc il y a primauté de l'évolution milieu sur l'évolution de la vie donc la vie ne s'améliore pas mais réagit à l'environement. On peut objecter que la vie influe également sur le milieu, l'exemple le plus frappant est par exemple notre industrie qui transforme complètement (entre autres) la composition de l'atmosphère (mais les plantes le font aussi), cela rajoute une donnée de plus dans la compréhension des processus dévolution et de son histoire mais ne remet pas en cause que la vie apparait sous certaines conditions environementales qui ne relèvent pas du viant.

Mon étonnement quant à Darwin provient probablement d'une certaine naïveté qui attribue trop de qualités aux hommes qui ont été à la pointe de leur domaine. D'autant que sa théorie de l'évolution présuppose quand même un socle commun à toute vie (gloria halleluja si tu veux). Il a probablement fait l'erreur commune d'attibuer une hiérarchie à son arbre de l'évolution.

"Autrement dit que l'eugénisme n'est pas justifié, ni le racisme, qu'à condition de fonder sa compréhension de l'humain dans plus que la simple biologie, ou le matériel, oui."
Plusieurs choses à dire, premièrement le terme de racisme est inconsistant car du fait des mélanges ethniques et de la définition problématique des races lorsqu'on essaie d'appliquer ce concept à l'homme il est très difficile de dégager un concept de race précis et applicable en tous domaines (même en se tenant à la stricte biologie). Deuxièment effectivement l'eugénisme ne peut être justifié sans avoir établi de vérité absolue de ce qu'est l'amélioration du genre humain, ce qui a pour préalable la définition de l'humain et de l'amélioration. Et je souhaite bonne chance à celui qui viendra me présenter ces définitions qui d'une part seraient de valeur universelle et qui d'autre part contiendrait une justification de la pratique de l'eugénisme en regard de ces définitions. L'eugénisme moderne (par opposition à l'eugénisme antique comme celui des spartiates qui ne connaissaient pas encore la théorie de Darwin) n'est qu'une interprétation idéologique de la théorie de l'évolution.
Réponse de Thra le 03/03/2008 à 19h32
(soit dit en passant, vouloir discréditer un interlocuteur en lui disant "tu uses des arguments décrits par Schopenhauer et c'est pas bien", est une pétition de principe, est un changement de sujet par rapport à la discussion, est un arguent ad hominem. Qui sont 3 stratagèmes justement décrits par ce même Schopenhauer dans ce même ouvrage. héhé. :-)
Commentaire n°11 posté par ti'hamo le 03/03/2008 à 16h23
Moui ti'amo, c'est pas faux... mea culpa
Commentaire n°12 posté par Trazom le 03/03/2008 à 21h23
...ceci dit, les "stratagèmes" décrits par Schopenhauer, sont-ils forcément condamnables ? J'ai surtout l'impression qu'il décrit des effets que l'on utilise plus ou moins naturellement et consciemment, (c'est assez amusant de le lire, en ce sens, comme décortiquer nos discussions même les plus banales), d'autre part dans un genre de "disputation" publique (n'y a qu'à voir les "débats" télévisés), l'aspect "duellistes" ou "combat naval" et le maintien du public en haleine, et de l'interlocuteur aussi, entrent pour une bonne part dans "l'accroche" de leur esprit, le maintien de l'attention, et finalement la possibilité de les toucher un peu... non? (enfin, non, c'est pas ce que je voulais dire) enfin, à voir. tout dépend de l'usage qu'on en fait, je suppose.
Commentaire n°13 posté par ti'hamo le 04/03/2008 à 17h13
Ils sont dommageables à partir du moment où ils prennent le pas sur le fond et servent plus à attaquer son interlocuteur que de discuter ses propos.
Réponse de Thra le 04/03/2008 à 20h56
D'accord. Là, parfaitement d'accord. Mais donc pas d'inquiétude, si ce n'est là ni ton but ni le mien, non ?
Commentaire n°14 posté par ti'hamo le 05/03/2008 à 15h28
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus