Capitonnés même sans rétention d'eau

Publié le par Thra

"Une société prête a sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une, ni l'autre, et finit par perdre les deux." - Benjamin Franklin

Maxime connue (ou pas) mais qui illustre bien le débat, ou le manque de débat plutôt, à propos la mesure concernant la rétention de sûreté appliquable aux détenus ayant fini de  purger leur peine. Mesure que notre président compte imposer en s'essuyant les pieds sur l'avis du conseil constitutionnel.

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

ti'hamo 29/02/2008 19:24

J'ai bien précisé : sans préjuger de la question du "comment" et de quels moyens,
posons nous la question du principe.
Dans l'article, vous rejetez bien le principe, et là vous parlez surtout de moyens.
Sur le fait de prendre en compte ces questions et notamment les conditions de détentions ou d'internement, autrement qu'en périodes électorales ou en s'en tenant aux effets d'annonce, je suis d'accord avec vous.
(il me semble cependant qu'une chambre individuelle en milieu médical, c'est mieux qu'une chambrinette à 8 en milieu carcéral - votre prisonnier feinteur a peut-être aussi eu un peu peur de ses co-piaules, tout simplement.)

Mais sur le principe ?
Sur le principe, finalement, vous dites juste : on ne résoud pas tous les problèmes par la prison. Disons la détention, puisque reste à se poser la question du "où" et du "comment".
Mais justement, dans le cas de personnalités ingérables, dangereuses, et sas espoir sérieux d'amendement, en fait perverses, le maintien sous résidence forcée et surveillée résoud le problème, si - un violeur qui ne peut plus rencontrer de femmes seules le soir ne viole plus, par définition ; de même pour le pédophile. (n'y a qu'à voir les pédophiles remis en liberté anticipée pour...bonne conduite. Dans une prison entièrement peuplée de mâles adultes.)
Espérer une rémission miracle en le remettant en liberté et en lui demandant d'être gentil, c'est faire bien peu de cas de la vie des femmes et des enfants qu'ils pourront croiser (vous ne m'en avez pas beaucoup parlé ?), et c'est médicalement parlant une aberration.


ça leur fait passer leur vie en détention ; oui, ça s'appelle la perpétuité ; et alors ?
Les autres choix sont :
- les laisser dans la nature, en espérant que d'après le penchant naturellement bon de la nature humaine ils se reprendront, repentants et contrits.
- ...et les récidives récidivant, l'opinion publique s'indignant, les opportunistes s'en saisissant, le retour à la peine de mort.

C'est vous qui voyez.

ti'hamo 28/02/2008 18:43

Sans vouloir faire dans le tout sécuritaire ou la louange sarkozyenne (ce qui me serait difficile), je jouerai juste un peu au modérateur-avocat du diable : oui mais...

...sans préjuger de ce que sera cette mesure, ni de pour qui elle sera appliquée, ni de comment ni dans quelles conditions (ce qui veut dire : une fois discuté le principe, il resterait tout cela à discuter),
il me semble que les premiers visés par cette proposition étaient les violeurs récidivistes.

Autrement dit : il ne s'agit pas de détention punitive mais... ...préventive. Sachant qu'un violeur récidiviste (déjà une personne coupable de viol, ou actes pédophiles, tout court), présente un fort risque de récidiver,
eût égard aux profils de pervers (au sens psychiatrique du terme),
quand on a à gérer une société et une décision à prendre, vous-mêmes qui favoriseriez vous en premier chef :
la vie de ces femmes ou de ces enfants,
ou le bien-être des agresseurs ?

Personnellement, je ne me permettrais sans doute pas de jouer avec la vie d'enfants et de femmes, juste au nom du principe que peut-être un agresseur sur cent deviendra "gentil" après quelques viols.
En tout cas certainement pas juste pour le plaisir de jouer à l'anti-sarko et augmenter à peu de frais mon capital-bonne-conscience.

à chacun de voir, je suppose...

Thra 29/02/2008 01:55

A vouloir le risque zéro on tombe très facilement dans les excés, détention punitive ou préventive, quand on est détenu on est détenu. Je pense que les structures de prise en charge de ce type de délinquants (dont la majorité sont des malades mentaux) sont encore à inventer, réduire la réponse à une question d'emprisonnement à vie c'est refuser le débat qui porte sur ce que la société doit faire de ses malades (j'insiste sur "ses" et non pas "ces"). J'ai été confronté au milieu psychiatrique, côté blouse blanche pas camisole (chimique évidemment, nous sommes civilisés), la prise en charge de nos handicapés physiques et mentaux est très améliorable mais ce n'est rien à côté des progrès qui sont à effectuer dans le domaine de la santé mentale. J'ai même été confronté au cas d'un prisonnier ayant simulé un trouble mental pour etre pris en charge temporairement en hopital psychiatrique durant sa période d'incarcération (ce n'etait pas un délinquant sexuel). Apres une semaine d'hospitalisation il a fait des pieds et des mains pour retourner en prison.Nous essayons de nous occuper de nos handicapés avec des moyens moindres, mais le sort de nos "fous" est encore moins enviable il serait peut être temps de s'en préoccuper.La loi stipule une prise en charge de ce type de délinquants, elle ne précise pas comment et avec quels moyens. Cela fait des années que l'on promet des améliorations dans la prise en charge des prisonniers présentants des troubles psychiatriques et ça n'a pas avancé. On ne peut pas résoudre tous les problèmes avec la prison, d'ailleurs elle ne résoud rien dans le domaine des crimes perpétrés par des individus au psychisme instable puisqu'on en est à se demander si il ne faudrait pas garder les gens plus longtemps que la durée légale de leur peine. J'y vois un moyen d'envoyer le problème aux oubliettes, ils vont en taule et ils y restent jusqu'a la fin de leurs jours. J'ai un avis mitigé sur le bracelet electronique en général mais peut être a t-il une application positive dans ce cas précis.Et ne perdons pas de vue que nous sommes en politique, proches d'elections et que la cote du président est au plus bas...Mais il y a un second versant à cette loi, l'effet rétroactif, qui est en lui même une remise en cause du jugement rendu par un tribunal. Le conseil constitutionnel a estimé qu'il n'etait pas possible de modifier une peine rendue par un tribunal pour des motifs qui n'etaient pas présents dans la loi lors du procés. Le jugement du conseil constitutionnel est souverain selon les principes de la Veme république, notre président entend passer outre. Faire appel à la cour de cassassion pour invalider un jugement du conseil constitutionnel ne s'est jamais vu et ne fait pas parti du cadre de notre république. Nicloas Sarkozy a clairement indiqué qu'il ferait tout pour que la rétroactivité se fasse malgrés tout. A quoi sert le conseil constitutionnel? Tout ceci s'inscrit dans une démarche assez flagrante de "test" de nos institutions par le président. Tests visant à évaluer jusqu'a quel point il peut plier les institutions à sa volonté.

Trazom 28/02/2008 04:10

Pas connue pour moi, mais j'aime beaucoup !